Il y a quelques jours est passée une émission sur France Inter qui traitait du problème de la discrimination raciale en France, à tous les niveaux : à l'embauche, au logement, à l'entrée des discothèques, etc... Plusieurs "experts" et auteurs étaient réunis là et les auditeurs pouvaient intervenir, le plus souvent des victimes qui faisaient part de leur témoignage. Je vais essayer de synthétiser tout ça et donner mon point de vue sur la question...
Pris la main dans le sac.
Comme vous le savez sûrement, une nouvelle pratique a été initiée par les associations de lutte contre les discrimination raciales, cela s'appelle le "testing". Cela consiste à envoyer à une même boîte deux CV aux caractéristiques quasi-identiques, à ceci près que l'un porte la photo d'un blondinet qui s'appelle "Patrick Dupont" et l'autre celle d'un individu basané, cheveux noirs et qui s'appelle "Abdelkader Mahioud". L'expérience est répétée plusieurs fois dans la même boîte, et dans d'autres boîtes aussi, ce qui permet de dresser des statistiques qui permettent de dire "Ces gens-là pratiquent une discrimination à l'embauche des plus odieuses", et ce même si le CV de notre maghrébin est un poil plus avantageux que celui de notre bourguignon.
Cela est bien plus flagrant dans les métiers dans lesquels le contact avec la clientèle est la première qualité, paraît-il "un arabe, ça présente mal". Par contre, s'il s'agit de faire de la maçonnerie ou d'être agent de sécurité, c'est moins un problème. Un auditeur l'a d'ailleurs fait remarquer, dans certaines entreprises de sécurité, c'est même la discrimination opposée qui est pratiquée : les agents de sécurité d'un centre commercial sont presque systématiquement des noirs. On pourrait être démago et signaler que dans ce cas-là personne ne se plaint de l'absence de diversité raciale dans ces entreprises non plus, mais bon, passons.
Pour le logement, c'est à peu près la même chose : deux demandes de visite d'appartement qui arrivent l'une après l'autre, pour Mohammed, c'est déjà pris, et pour François qui appelle 10 minutes plus tard, c'est disponible. Il y a au moins un avantage ici par rapport à la discrimination à l'embauche, c'est que là, le mensonge est caractérisé et chiffrable. En effet, il s'agit là d'un commerce qui, d'après la loi, n'a pas le droit de refuser de vendre. Il a certes le droit de demander des garanties, mais une fois celles-ci réunies, il est plus facile d'établir la discrimination que dans le cas de l'embauche où il y a toujours un côté... "intuitif", non chiffrable, non vérifiable. Et surtout, une entreprise peut prendre son temps pour embaucher (même si ce n'est pas toujours vrai), mais un propriétaire lui, veut que l'argent des loyers rentre en permanence et n'a pas de raison de faire traîner son offre et de refuser un client.
Enfin, à l'entrée des boîtes, là aussi c'est facilement vérifiable, Mouloud et Kader qui arrivent, habillés convenablement, sont refoulés et Jasques et Michel, arrivant avec EXACTEMENT les mêmes fringues, même en étant plus vulgaires, passent.
On a tous vu ou lu ces scénarii étalés dans les journaux ou à la télévision, visant à nous inspirer un profond sentiment de culpabilité "vous avez pas honte de vous comporter comme ça ?".
La mauvaise cible ?
Tout ça c'est bien joli, dresser des amendes à des patrons de discothèques, des chefs d'agence immobilière, des commerçants, mais cela va-t-il résoudre le problème ? Je pense que dans toute cette histoire, on se trompe de cible. Laissez-moi vous raconter un truc que j'avais vu à la télé il y a quelques années maintenant pour étayer mon propos.
Bernard Tapie, à l'époque où il était en pleine bagarre avec Le Pen, avait un jour fait une conférence à Marseille, devant un parterre de convaincus (comme ils font tous évidemment), et, au détour d'une tirade, il s'est mis à tenir des propos hallucinants dont voici une transcription approximative (j'ai plus les phrases exactes en tête, mais c'est pour vous donner une idée) :
"A la première occasion, je te les mets tous (ndRafo : les immigrés) dans une grande barque direction l'algérie et dès qu'ils sont au large, j'envoie une torpille et le problème est réglé".
Et à ce moment-là, torrents d'applaudissements dans la salle. C'était hallucinant, il venait de faire un pur discours extrémiste de son adversaire et toute la salle l'acclamait.
Là-dessus, l'ambiance retombe un peu dans la salle et Tapie leur gueule littéralement dessus :
"Vous voyez bien que le problème c'est pas Le Pen... C'est vous bande de cons"... Et là, le froid dans la salle. Tout le monde se sentait ridicule.
L'association d'idées entre le sujet de cet article et cette anecdote m'a fait réfléchir sur la question et m'a amené à la conclusion suivante : on se trompe de cible.
Le problème, ce n'est pas le commerçant qui refuse d'engager un maghrébin, ce n'est pas le patron de boîte qui refuse l'entrée à un Sénégalais ou encore un agent immobilier qui ne met pas un appartement à disposition de Mohammed.
Le problème, ce sont ceux qui font vivre ces personnes, à savoir leur clientèle. J'explique.
On a déjà vu lors de reportages sur la question de l'immobilier, une petite indication figurant dans des dossiers de location, à la demande des loueurs, un truc du genre "PE" qui signifiait "Pas d'Etrangers". Cela avait provoqué un tollé et ce sont les agents immobiliers qui ont été pointé du doigt. C'est là qu'on se trompait de cible.
L'immobilier est un marché, avec des fournisseurs et des clients. Or, comme aiment à le rappeler certains "le client est roi". Si l'agent immobilier a inscrit ceci dans son dossier, c'est parce que le propriétaire qui veut louer son appartement l'a exigé, faut de quoi il s'adressait à une autre agence. Comme la concurrence est rude, si l'agence avait refusé de publier son annonce sous le prétexte de la discrimination qui en ressort, le propriétaire se serait tout simplement adressé à une autre agence moins scrupuleuse. Bref, s'attaquer à l'agence ne fait que déplacer le problème. Celui qu'il faut blamer, c'est le client de l'agence, à savoir le propriétaire qui exige que son locataire ne soit pas bronzé.
Je me rappelle du jour où une personne qui visitait les appartements de mon immeuble, sonne chez moi pour me demander (authentique) s'il n'y avait pas trop d'arabes dans les environs. J'ai machinalement répondu "non", sans chercher à aller plus loin, n'ayant pas envie de me brouiller avec qui que ce soit, mais surtout, abasourdi par le côté direct de cette question. Je précise qu'il s'agissait d'un couple de retraités, depuis un bon moment.
Au passage, une pyramide des ages des sympathisants FN serait assez révélatrice, je ne serais pas surpris d'apprendre que ce sont des retraités qui votent en majorité FN. C'est d'ailleurs la cible principale du JT de Pernaut, le couple de vieux au fond de sa cambrousse qui a super peur du jeune de banlieue qui vit à 180km de chez lui. Si j'ai vu juste, il y a un espoir à long terme... un terme d'environ 30 ans.
Maintenant, si on retranscrit ce schéma dans la discothèque, c'est un peu pareil, même s'il n'y a pas d'exigence explicite de la part de la clientèle, il suffit d'une fois où il y a eu un incident pour inspirer chez le patron la crainte que sa clientèle se réduise si c'est trop brun dans la salle.
Enfin, pour l'embauche, c'est un peu la même chose : pour avoir moi-même travaillé dans une boutique pendant un peu plus de six mois, le mot d'ordre est "accueil". Il y avait 2 maghrébins et un noir qui bossaient là, mais en réserve, en qualité de manutentionnaires. Le côté commercial était intégralement occupé par des personnes "qui présentent bien", des hommes et femmes blancs de peau...
Bref, l'idée de mon propos est que la crainte du bronzé est quelque chose de profondément ancré dans les mentalités, même celles qui vont dire en public "non non je suis pas raciste" et en privé, notamment quand il s'agit de leurs enfants : "Quoi ? Avec toute la racaille qu'il y a là-bas ? Jamais je mets mon gosse dans cette école". Les parents évoquent la sécurité de leurs enfants, c'est tout légitime, mais ça dénote surtout un malaise bien plus profond : la peur du bronzé.
La loi ne résoud rien.
On l'a vu, tout ceci est finalement une histoire de peurs, de craintes, peu importe qu'elles soient justifiées ou non : la peur est quelque chose d'inconscient. Certes ça s'entretient, et le JT de Pernaut fait ça très bien, mais comme tous les inconscients, ils sont irrationels et difficiles à dissiper. Quand quelqu'un vous inspire la méfiance, celle-ci reste présente longtemps. Et on ne dissipe pas les craintes, les peurs, les méfiances avec la loi. Ca ne marche pas. Pire encore, celui qui aura écopé d'une peine en ressortira avec, en plus de ses craintes, de la rancoeur, ou pire encore.
Collez une amende à un arachnophobe chaque fois qu'il panique en voyant une grosse araignée, vous croyez vraiment que c'est comme ça que ses peurs disparaîtront ?
Seule l'éducation peut porter ses fruits, et encore, cela ne se fera qu'à long terme. Mais c'est un travail de bien plus longue haleine et il fallait des solutions immédiates, faute de quoi on aurait reproché au gouvernement en place de laxisme envers les discriminations. Du coup, on a fait vite et mal : en se trompant de cible et en s'attaquant plus à la forme qu'au fond.
Comme je disais en titre, on est pas près d'en sortir.
jeudi 22 mars 2007
jeudi 22 février 2007
C'est ça, la chanson française ?
Bon, je ne sais pas trop comment aborder le sujet, avec drôlerie ou avec dépit.
Qu'il est loin le temps ou l'Eurovision nous faisait vibrer en mettant en avant de véritables talents, comme ABBA, gagnant en 74 avec "Waterloo", chanson inoubliable, Céline Dion, qui a gagné en 88, représentant la Suisse avec "Ne partez pas sans moi", cette chanson me donne encore des frissons, qui a révélé le talent que le monde entier connaît depuis...enfin, depuis le Super Bowl, parce que les Ricains, ils s'en foutaient de Céline Dion. Et depuis, ils l'ont adoptée, même séquestrée, elle est otage à Las Vegas pour piailler devant un parterre de bouffeurs de hamburgers et leurs marmots qui demandent à papa de leur acheter une glace à 20$. Toto Cutugno a gagné en 90 sous les couleurs... de l'Italie, évidemment. L'Irlande s'est particulièrement distinguée en remportant cette compétition 3 années de suite, 92, 93 et 94. Et j'en oublie bien d'autres.
Si on retrace le parcours de la France tout au long de l'Histoire de l'Eurovision, elle a eu elle aussi ses heures de gloire :
1976 - 3ème - Catherine Ferry, pour "Un, Deux, Trois".
1977 - 1ère - Marie Myriam, pour "L'oiseau et l'enfant".
1990 - 2ème - Joëlle Ursull, pour "White and Black Blues".
1991 - 2ème - Amina, pour "C'est le dernier qui a parlé qui a raison".
Il y en a eu d'autres plus anciennement mais comme vous le voyez, ça ne date pas d'hier. Et encore, pour les dernières, Joëlle Ursull est Guadeloupéenne, et Amina Franco-Tunisienne. Bref, on est même pas foutus de trouver des talents dans le coin, il faut aller à l'autre bout du monde. Du coup, on fait dans le folklorique... mais mal. D'autres arrivent à en faire, du folklorique, du qui marche, comme les Finlandais (NDRafo : merci à l'anonyme qui a apporté la correction, j'étais sûr que c'était des suédois, mea culpa) qui ont gagné l'année dernière, avec leurs costumes de monstres tout droit sortis d'un film d'horreur de série Z. En tous cas je l'ai écouté, leur chanson et ça déménage, j'ai bien aimé en fait.
Du coup, cette année, la France a décidé de frapper fort, et quand la France frappe fort, elle sait y faire, ça met tout le monde KO, en tous cas moi je m'en suis pas encore remis.
Vous affolez pas, le représentant de la France n'est pas encore élu. Il y a en fait 10 groupes en compétition pour nous représenter à l'Eurovision 2007, en sortira LE groupe que les français auront élu, auront choisi à grands renforts de SMS et d'appels surtaxés, le groupe qui saura porter les couleurs de la France au plus haut, qui saura redonner à la chanson française ses lettres de noblesse, qui prouvera à l'Europe et au monde que la France sait encore faire de la chanson, de la vraie, de la pure, de la bonne.
Et qu'est-ce qui pouvait mieux représenter la France que ÇA :
Je serais tenté de dire "Sans commentaires", tellement ça laisse baba. Allez va, je vous laisse le temps de vous remettre de vos émotions.
Quel que soit le degré sous lequel on prend ça, c'est désespérant : au premier degré les parents d'ados rebelles vont apprécier, ceux dont les gosses disent à leurs potes dans la cour de récré "Mon père est trop con, s'il pouvait crever...". Vive la chanson qui sait porter haut les valeurs de la France.
Au second degré.... non, je préfère pas, même ça c'est à peine digne d'une colonie de prépubères dans un bus de centre aéré.
J'ai quelques suggestions de chansons pour les années à venir :
- "Ma soeur s'est fait violer et brûler vive, youpi c'est joli"
- "Le cancer me ronge les poumons, ils sont tout plein de goudron"
- "J'ai fait cuire mon chien vivant, il est très appétissant"
- "Zyva tête deu mort nique la police"
Séverine Ferrer était peut-être pas si mal finalement.
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Chanson
lundi 12 février 2007
[Photos] Parc de Gerland by Night
Voici quelques photos prises à la tombée de la nuit au Parc de Gerland, à deux pas de chez moi. J'ai mis comme vous pouvez le voir l'accent sur le côté transgénique qui ressort de l'éclairage de la végération qu'on y trouve. Dites-moi ce que vous en pensez.




dimanche 11 février 2007
Le futur de nos assiettes... ou le présent.
Dans le courant de la semaine est passé sur la chaîne Planète un documentaire absolument ahurissant sur ce qui est ajouté dans les plats qu'on mange un peu tous les jours, et les conclusions à en tirer ne sont pas glorieuses.
Ce documentaire, produit par la BBC (ces cons-là, ils savent faire du journalisme d'investigation, c'est du très haut de gamme), montrait le parcours d'une journaliste et de son complice qui tentait de confronter d'un côté un patron d'une entreprise allemande qui prétendait déjouer les contrôles des services sanitaires de la communauté européenne, et de l'autre un spécialiste du service en question, afin de lui demander la faisabilité de la chose.
Voici quelques détails : la journaliste s'est fait passer pour une cliente potentielle d'une entreprise qui produit entre autres un additif que l'on injecte aux poulets, une sorte de cocktail protéiné pour les faire grandir plus vite, les "gonfler" un peu, un truc du genre, j'ai plus tous les détails. La journaliste a essayé d'en savoir un peu plus sur la composition de ce truc, et les garanties qu'il peut offrir, le tout en caméra cachée.
A ce stade de ma description, je voudrais dire un mot sur le patron de la boîte en question. Il entre parfaitement dans la catégorie de ces gens qui ont le mental de leur physique. En gros, rien qu'à voir sa tête, on devine le mec louche. L'oeil vicieux, le regard de travers, le rictus provocateur. On a beau dire, au nom du politiquement correct, que ça n'a rien à voir, je suis désolé, il y a des gens qui ont le mental de leur physique, qu'on le veuille ou non. Et là, c'était vraiment flagrant.
Le mec expliquait, à force d'être cuisiné, qu'il ne garantit pas qu'il n'y a que du poulet dans son additif (sous-entendu, il peut très bien y avoir du boeuf, du porc, ça m'étonnerait que ce soit autorisé en Europe, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires.
Mais le plus hallucinant, c'est que le big boss, qui gardait une partie du processus de fabrication secrète, annonçait sans vergogne que son procédé était capable de déjouer les contrôles effectués par les services sanitaires. Le procédé consiste à manipuler l'ADN des protéines utilisées afin de ne laisser plus qu'une seule paire de base, de sorte que l'ADN n'est pas recombinable, et qu'il n'est pas possible de déterminer de quel animal il vient. La journaliste a confronté cela à l'expert, qui a répondu : "Je crois qu'il s'avance un peu quand il dit qu'il peut déjouer nos contrôles, mais en effet, avec une telle manipulation, on ne peut pas déterminer l'origine d'une protéine".
La journaliste a demandé aussi : "Comment cela se fait-il que ce soit nous qui mettions le doigt sur une telle pratique ? C'est normalement de votre ressort de contrôler ces entreprises pour vous assurer qu'elles ne font pas n'importe quoi.". Ce à quoi l'expert à répondu : "Fournissez-nous des preuves de ce que vous avancez, et nous pourrons intervenir, sans cela, notre action est très limitée". En fait, je pense qu'ils ne contrôlent que le produit fini "l'additif", mais pas son processus et pas sa finalité. Du coup, si les contrôles effectués répondent à un schéma connu, une fois qu'on a trouvé un moyen de le contourner, on peut tout se permettre.
Cela fait un peu froid dans le dos, de savoir qu'on pourrait attraper un jour la maladie de Creutzfeldt-Jacob (version humaine de l'ESB, la maladie de la vache folle), même si on ne consomme que du poulet. On sait de moins en moins ce qu'il y a dans nos assiettes, et des entreprises travaillent en permamence et font même de leur fonds de commerce la fraude alimentaire, s'assurant qu'on en sache le moins possible, fraude prétendue indétectable et rendant tous les contrôles si rassurants caducs.
Alors on pourrait se dire qu'il reste la nourriture "BIO", supposée exempte de ce genre d'additif. En est-on vraiment sûr ? Et qui sait ? Si on arrive à masquer l'origine d'un additif, ne pourrait-on pas masquer l'additif lui-même ?
Je ne serais pas surpris d'apprendre que le chef de cette entreprise est végétarien.
Allez, un bon poulet rôti demain midi, ça va le faire, j'espère juste n'en garder aucune séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....
Ce documentaire, produit par la BBC (ces cons-là, ils savent faire du journalisme d'investigation, c'est du très haut de gamme), montrait le parcours d'une journaliste et de son complice qui tentait de confronter d'un côté un patron d'une entreprise allemande qui prétendait déjouer les contrôles des services sanitaires de la communauté européenne, et de l'autre un spécialiste du service en question, afin de lui demander la faisabilité de la chose.
Voici quelques détails : la journaliste s'est fait passer pour une cliente potentielle d'une entreprise qui produit entre autres un additif que l'on injecte aux poulets, une sorte de cocktail protéiné pour les faire grandir plus vite, les "gonfler" un peu, un truc du genre, j'ai plus tous les détails. La journaliste a essayé d'en savoir un peu plus sur la composition de ce truc, et les garanties qu'il peut offrir, le tout en caméra cachée.
A ce stade de ma description, je voudrais dire un mot sur le patron de la boîte en question. Il entre parfaitement dans la catégorie de ces gens qui ont le mental de leur physique. En gros, rien qu'à voir sa tête, on devine le mec louche. L'oeil vicieux, le regard de travers, le rictus provocateur. On a beau dire, au nom du politiquement correct, que ça n'a rien à voir, je suis désolé, il y a des gens qui ont le mental de leur physique, qu'on le veuille ou non. Et là, c'était vraiment flagrant.
Le mec expliquait, à force d'être cuisiné, qu'il ne garantit pas qu'il n'y a que du poulet dans son additif (sous-entendu, il peut très bien y avoir du boeuf, du porc, ça m'étonnerait que ce soit autorisé en Europe, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires.
Mais le plus hallucinant, c'est que le big boss, qui gardait une partie du processus de fabrication secrète, annonçait sans vergogne que son procédé était capable de déjouer les contrôles effectués par les services sanitaires. Le procédé consiste à manipuler l'ADN des protéines utilisées afin de ne laisser plus qu'une seule paire de base, de sorte que l'ADN n'est pas recombinable, et qu'il n'est pas possible de déterminer de quel animal il vient. La journaliste a confronté cela à l'expert, qui a répondu : "Je crois qu'il s'avance un peu quand il dit qu'il peut déjouer nos contrôles, mais en effet, avec une telle manipulation, on ne peut pas déterminer l'origine d'une protéine".
La journaliste a demandé aussi : "Comment cela se fait-il que ce soit nous qui mettions le doigt sur une telle pratique ? C'est normalement de votre ressort de contrôler ces entreprises pour vous assurer qu'elles ne font pas n'importe quoi.". Ce à quoi l'expert à répondu : "Fournissez-nous des preuves de ce que vous avancez, et nous pourrons intervenir, sans cela, notre action est très limitée". En fait, je pense qu'ils ne contrôlent que le produit fini "l'additif", mais pas son processus et pas sa finalité. Du coup, si les contrôles effectués répondent à un schéma connu, une fois qu'on a trouvé un moyen de le contourner, on peut tout se permettre.
Cela fait un peu froid dans le dos, de savoir qu'on pourrait attraper un jour la maladie de Creutzfeldt-Jacob (version humaine de l'ESB, la maladie de la vache folle), même si on ne consomme que du poulet. On sait de moins en moins ce qu'il y a dans nos assiettes, et des entreprises travaillent en permamence et font même de leur fonds de commerce la fraude alimentaire, s'assurant qu'on en sache le moins possible, fraude prétendue indétectable et rendant tous les contrôles si rassurants caducs.
Alors on pourrait se dire qu'il reste la nourriture "BIO", supposée exempte de ce genre d'additif. En est-on vraiment sûr ? Et qui sait ? Si on arrive à masquer l'origine d'un additif, ne pourrait-on pas masquer l'additif lui-même ?
Je ne serais pas surpris d'apprendre que le chef de cette entreprise est végétarien.
Allez, un bon poulet rôti demain midi, ça va le faire, j'espère juste n'en garder aucune séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....séquelle.....
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